Petite fille.
Toute petite fille aux cheveux noirs, tu rôdes dans la nuit. Tes talons hauts résonnent sur les trottoirs, et tu frissonne dans ta mini-jupe de latex. Ton maquillage outrancier dégouline le long de tes joues rosies par le froid, tes cheveux forment un halo de noirceur autour de ton visage d'ange. Dans tes grands yeux gris, la flamme s'est éteinte depuis longtemps.
Tous les soirs, pour toi, c'est la même chose: des regards charmeurs entourés de faux-cils, des hommes qui ralentissent dans leurs voitures de sport, baissent la vitre pour te poser la sempiternelle question "C'est combien?".
Tu leur cèdes, toute petite fille, tu joues la comédie mieux que quiconque, te pliant à leurs désirs masochistes où hurlant ton plaisir malgré toi, ton corps se tordant sous leurs caresses meurtrières. Tu es leur chose, toute petite fille, mais tu n'y peux rien. Tu es leur esclave, leur jouet dont ils ne savent rien, vulgaire poupée de chair qui s'anime à leur moindre désir.
Au matin, ils te quittent, une liasse de billet en plus dans la poche de ton grand manteau noir. Tu te démaquilles, petite fille, tu enlèves ce masque qui fait de toi celle que tu n'es pas, et tu fais comme tout le monde. Tu déambules dans les rues, mange, bois, ris même, tu es tellement bonne actrice, petite fille, que tout le monde te crois quand tu dis que tout va bien.
Mais le soir, quand la nuit revient, tu remets ton masque noir et arbore ton rictus amer et aguicheur, tu enfiles ta tenue provocante et tes talons hauts, et tu repars dans ce guêpier qu'est devenu ta vie.
Tu erres dans les ruelles sombres, te demandant encore comment tu en est arrivée là. Tu voulais être quelqu'un, toute petite fille, tu voulais qu'on te respecte et qu'on t'adule, mais tu es tombée si bas que les hommes t'insultent quand ils sont dans ton lit aux draps mille fois froissés par des corps inconnus.
Objectif raté, toute petite fille. Tu as vendu ton âme pour quelques liasses de billets.
Pourquoi écris-tu ?Pourquoi j'écris? Parce que c'est l'un des seuls domaine dans lequel je suis douée & que j'aime, principalement. Et ensuite parce que ça me permet d'extérioriser tout mes sentiments. Derrière chaque geste ou parole de mes personnage ses cache un morceau de moi-même. Lire mes textes, c'est comme lire mon journal intime, en moins direct. Mes peurs, mes sentiments et mes rêves y sont décrits
J'écris souvent la nuit. Parce qu'elle m'inspire. On a peur de la nuit, moi je la vénère. Elle est si mystérieuse, elle cache tant de choses, c'est intriguant. Et puis, on n'est jamais vraiment sûr que lorsque le soleil réapparaîtra, tout sera pareil.
Dans quelle situation, contexte as-tu écris ce texte ? Racontes moi son histoire.L'histoire de ce texte? En fait, ma première fiction - Narcissique-Melanc0lique - parle de la drogue et de la prostitution, entre autre. J'ai écris plusieurs essais sur la prostitutions, et j'en a retenu deux: celui, plus centré sur mon personnage principal, qui est intégré à mon histoire, et celui-là, plus "général".
Mon avis.C'est un texte qui m'a tout de suite plu. Je trouve que les mots sont bien choisis, bien placés. Le vocabulaire est parfois recherché. Ce qui m'a beaucoup surpris c'est que tu as employé des mots d'une extrême violence et pourtant, quand j'ai lu ton texte, rien ne m'a sembler exagérer ou surfait. Si je devais exprimer ce que j'ai ressenti quand j'ai lu ton récit, je dirai que j'ai été bouleversée. C'est très troublant. Personnellement, et je ne sais pas pourquoi, je me suis mis dans la peau de la mère du personnage principale. Je n'avais qu'une seule envie: protéger cette petite fille insouciante.